CLSM St Etienne : prise en charge pluridisciplinaire de situations d’incuries du logement

le 27 novembre 2015

Porteur de l’action : Direction Santé – Ville de Saint Etienne (42)
Site internet : http://www.villes-sante.com/actions-des-villes/saint-etienne-le-conseil-local-en-sante-mentale/

Poster 8eme Rencontre ITR PRISE EN CHARGE PLURIDISCIPLINAIRE ST ETIENNE

  • Durée du projet
    • Toujours en cours

1 - Ce qui a déclenché la mise en œuvre de ce projet

 Le contexte

Ce travail autour de l'incurie a été initié dans le cadre du Conseil Local de Santé Mentale.
Le CLSM regroupe la plupart des acteurs locaux intervenant sur le champ de la santé mentale au sens large (pathologie et bien-être) au sein de groupes de travail dont les thématiques ont été priorisées par les partenaires.
Très rapidement, il a été décidé d'aborder la thématique de l'incurie du logement et d'y apporter une réponse collective.

2 - Le projet en quelques lignes

Les objectifs poursuivis sont les suivants :

  • Se connaître et se reconnaître
  • Partager pour être (plus efficaces)
  • Analyser et partager le processus de traitement d'une situation d'incurie en identifiant les champs disciplinaires les acteurs concernés.
  • Développer un maillage des ressources en matière d'incurie sur le territoire afin de ne pas cliver les moyens.
  • Développer la prévention en direction des personnes en situation d'incurie

 

Le pilotage

Le CLSM est piloté par la ville de Saint-Étienne qui a dédié un ETP à sa coordination.
Les orientations stratégiques sont définies à l'occasion d'un comité de pilotage annuel qui regroupe les représentants locaux de la santé mentale (institutions, associations, soins, usagers…).
La mise en place d'une cellule de coordination des situations d'incurie a été validée par l'ensemble des membres du comité de pilotage en juin 2013.
La coordination du CLSM est en charge de la co animation du groupe de travail, du suivi administratif, veille à l'atteinte des objectifs fixés par le comité de pilotage, stimule la production des partenaires…

 Le groupe de travail

Le CLSM dispose d'un groupe de travail sur le thème de l'habitat et de l'espace public. Un sous groupe de volontaires souhaitant engager une réflexion autour des situations d'incurie a été constitué.
Un long travail a été nécessaire afin d'identifier tous les professionnels susceptibles d'intervenir lors d'une situation d'incurie. Cette première phase a permis de :

  • Avoir une vision transversale, pluridisciplinaire, de la gestion des situations d'incurie,
  • Installer dans la durée une réflexion partenariale, bienveillante d'acteurs issus du champ sanitaire, social, technique, institutionnels…

À partir de là, une dynamique et un climat de confiance étaient instaurés, et le travail pour la mise en place d'une cellule de coordination autour des situations d'incurie s'est imposé comme la continuité évidente.
Les membres du groupe de travail (15 à 20 personnes en moyenne) se réunissent environ une fois tous les deux mois, voire plus si nécessaire.
Il s'agit avant tout d'un espace de travail ouvert, où chacun a sa place, exprime ses besoins, ses contraintes, s'engage à co-construire, dans le respect de chacun. Quels que soient leurs champs d'intervention, les membres du groupe de travail ont les mêmes droits et les mêmes obligations vis-à-vis du fonctionnement du groupe et des partenaires.

Un lieu et une organisation

Le préalable a été indubitablement la constitution d'un CLSM, instance de coordination et participative réunissant tous les acteurs locaux de la santé mentale.

 Un besoin et une demande

Lorsque les acteurs ont été sollicités pour établir leurs priorités de travail, la demande a porté unanimement sur l'ouverture d'une réflexion autour du traitement des situations d'incurie.
Par ailleurs, dans la mesure où aucun professionnel n'est spécifiquement en charge du traitement de ces situations, compte tenu de la dimension pluridisciplinaire des intervenants, de l'absence de centralisation des situations, le besoin d'appréhender cette thématique dans sa globalité et dans la pluralité des approches a été rapidement objectivé.

 Des temporalités différentes

Une année a été nécessaire avant d'entrer dans une phase opérationnelle. En effet, chacun avait besoin de se positionner, de faire valoir ses pratiques, ses difficultés, ses besoins. Cette question de la temporalité n'est pas neutre, notamment du point de vue des institutions pour lesquelles une année sans résultat probant peut sembler longue. Il s'agit cependant d'un temps indispensable pendant lequel les fondations d'un possible travail partenarial, en réseau, sont posées.

Cette temporalité s'oppose également à celle des usagers dans le besoin et dans l'attente d'une solution à leur situation complexe.

Vis-à-vis du secteur sanitaire, là encore, 2 temporalité s'opposent : celle de l'entrée dans le soin, longue, complexe, et celle de l'urgence qui nécessite une intervention rapide.

Un document fédérateur et structurant

Afin de ne pas créer de clivage, d'affirmer que le CLSM est bien un outil à la disposition de tous et dans le respect de chacun, un document cadre a été co-écrit par les membres d'un groupe de travail. Ce document fixe le périmètre du CLSM, et notamment une définition de la santé mentale dans laquelle les travaux s'inscrivent.

 Une posture : la transparence et la bienveillance

Afin de poser les bases solides d'un partenariat durable, il est indispensable d'œuvrer en toute transparence, voire de faire preuve de pédagogie.
À cette fin, en ouverture de chaque groupe de travail, un temps d'échanges autour d'informations transversales relatives aux travaux du CLSM est organisée.
Chaque année, un temps important est dédié aux décisions prises par le comité de pilotage, et un impact dans le groupe de travail.
Chaque partenaire s'exprime librement, dans la limite de la bienveillance et du respect des autres partenaires. Les remarques formulées sont systématiquement notifiées dans les comptes-rendus de réunion.
Outre les décisions stratégiques relevant du comité de pilotage, le groupe de travail décide de manière collégiale.
Cet environnement bienveillant a créé une dynamique de groupe très propice à l'émulation collective.

 La coordination, garante de la transparence de la bienveillance

Pour assurer l'existence et la pérennité du partenariat, la coordination doit être en constante adaptation.
Afin de créer un environnement favorable à la co-construction dans lequel chacun se sente pris en compte, il revient à la coordination de veiller à :
Être équitable et éviter le parti pris : chacun a sa place, aucun acteur n'a plus de valeur qu'un autre.
Susciter la confiance : Respecter ses engagements, le calendrier de travail. Savoir solliciter les compétences des partenaires, définir le cadre précis de ce qui peut être décidé par le groupe et de ce qui relève du niveau stratégique. Respecter les règles imposées aux partenaires.
Représenter le cadre : Poser un cadre de travail précis et connu de tous. Être le garant des règles mais sans rigidité. Faire preuve de souplesse et d'adaptation chaque fois que cela est possible.

Aujourd'hui, une assiduité exceptionnelle est à noter, le niveau de production du groupe est très satisfaisant, et un climat convivial et de bonne humeur règne à chaque rencontre.

3 - Les acteurs du projet

Habitants Usagers Citoyens : 5%
Professionnels : 75 %
Elus : 5%
Institutionnels : 15%

4 - Les points forts, les dynamiques positives et les résultats attendus du projet

Points forts :

Le partenariat : Aujourd'hui, il existe un partenariat solide et un réseau de professionnels dynamique et mobilisé.
La réflexion autour de l'éthique : un travail de fond a dû être réalisé sur le champ de l'éthique, du secret professionnel, du secret partagé car la coordination pluridisciplinaire impliquera un partage d'informations confidentielles.

 

5 - Freins, leviers et surprises…

Quels sont les éléments qui ont favorisé la mise en place de votre projet ?
Points faibles :

La temporalité : les membres du groupe ont des temporalités différentes. La lenteur des travaux, sans remettre en question leur efficience, a parfois pu apparaître comme un frein.
La thématique : L'incurie du logement est une thématique peu connue mais pourtant très prégnante .
Le nombre de personnes concernées (1/2000) semble inversement proportionnel au temps de prise en charge nécessaire.
Des partenaires à convaincre : Même si la majorité des intervenants sont présents dans le réseau, d'autres compétences pourraient encore enrichir le groupe.

6 - La démarche communautaire

Planification et évaluation de l'action : mise en place d'étape

Participation de tous les acteurs en intersectorialité

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